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SOIREE AUTOUR DU FILM " RARA" AU ROYAL DE BIARRITZ

  Dans le cadre de l'opération "Mars pour l'Egalité" et avec le soutien de la région Nouvelle - Aquitaine ,  les Bascos proposent    à l'occasion de la journée mondiale des droits des femmes, une soirée  au cinéma le Royal de Biarritz sur le thème : femmes, lesbiennes et mères avec une projection suivi d'un échange autour du film "Rara"  de la réalisatrice Pepa San Martin . Synopsis : Depuis le divorce de leurs parents, Sara, 12 ans, et sa petite sœur Cata vivent avec leur mère et la compagne de celle-ci. Leur quotidien, fait de tendresse et de complicité, ressemble à celui d’autres familles. Lorsque leur père tente d’obtenir leur garde, l’équilibre de la famille semble mis à l’épreuve...

Lire la critique de Nicolas Bardot (http://www.filmdeculte.com )

" Premier long métrage de la Chilienne Pepa San Martín , Rara sort chez nous après un beau parcours en festivals, primé à la Berlinale ou à San Sebastian. Adapté de faits réels, Rara a tout pour ressembler à un épisode scolaire des Dossiers de l'écran sur l'homoparentalité – mais la réalisatrice déjoue avec finesse les pièges du didactisme. La première scène de Rara suit une fillette parmi les autres le temps d'une longue prise. Une fillette parmi les autres oui, une famille comme les autres également, mais grâce à une écriture subtile, Pepa San Martín et sa co-scénariste Alicia Scherson parviennent à faire ressentir le poids de l'homophobie ordinaire – même celle de ceux qui veulent venir en aide aux protagonistes.

Rara est également à l'aise pour mettre en lumière les tensions familiales larvées et, plus amèrement, l'homophobie intériorisée par les personnages vivant dans une société encore rétrograde. Le regard bienveillant que la réalisatrice porte ne rend pas le film lisse pour autant. Rara ne cherche pas d'antagonisme facile, évite le manichéisme, mais sait dépeindre avec complexité la honte ressentie par la jeune héroïne d'être vue et jugée différemment au sein d'une famille avec deux mamans. Par certains aspects (sur le refus du drame, sur la façon d'être politique sans explicitement faire un film politique), Rara évoque le très bon souvenir du superbe  Love is Strang d’Ira Sachs.

Rara est un film très coloré, au dynamisme rendu par une caméra mobile – il s'agit là, en somme, du quotidien d'une famille vivante. Mais Pepa San Martín n'embellit pas pour autant une réalité cruelle, celle d'une société drapée dans son hypocrisie, prompte à parler du « bien de l'enfant » quand elle n'a de cesse de lui faire du mal. Rara est un portrait doux-amer, beau et actuel, intelligent et sensible."